Ecole de Givrins

Cadre général
Nous connaissons une maîtresse enfantine qui enseigne dans une école à Givrins, un village au-dessus de Nyon. Les enfants des classes concernées ont entre 4 et 6. Nous avons commencé notre collaboration avec eux juste avant notre départ au Cameroun en décembre 2007. Ils ont organisé plusieurs actions en nous versant les bénéfices et en échange, nous mettons sur pied des journées de discussion et de sensibilisation avec les élèves.

Découvrir des photos de nos actions à l'école de Givrins


Leurs actions
Les élèves ont créé des cartes, des bricolages, des décorations ainsi que cuisiné des biscuits durant le mois de décembre, et les ont ensuite vendues lors d’un marché de Noël organisé pour les parents. Les bénéfices ont été versés à Direction N'tolo. Cette action a été mené en décembre 2007 et 2008. Nous avons été très touchés par leur geste, spontané et rempli d’espoir et de gentillesse.


Les journées de sensibilisation
Nous apprécions particulièrement ce genre de collaboration et ces actions de sensibilisation nous plaisent, car c’est un moyen pour nous de partager avec d'autres tout ce que nous avons appris. Nous trouvons cette idée importante.

Une première action a été menée le 14 avril 2008. Nous avions beaucoup réfléchi à la manière d’organiser cette matinée : comment intéresser et capter l’attention d’enfants si jeunes sur un sujet complexe et éloigné, et parvenir à leur faire passer un message ? C’était un grand défi pour nous, mais c’est avec un immense plaisir que nous l’avons relevé. Après discussion, j’ai spécialement monté un film plus court que la version originale, d’une vingtaine de minutes, qui montrait les moments forts de notre voyage mais sans narration, et sans aller dans les détails. Nous avions décidé, puisqu’ils ne savent pas lire, de couper le film à chaque séquence importante et de décrire en quelques mots ce qu’il s’y passait ! Après le film, une deuxième partie était consacrée au thème des différences entre le Cameroun et la Suisse. Je me suis chargée de ce point qu’il me semblait important d’aborder. Mais à nouveau une question : j’ai des idées à transmettre, et je me trouve en face d’une vingtaine d’enfants à qui je dois faire comprendre mon message, comment adapter et formuler mon discours ? J’ai choisi de me baser sur des photos uniquement, car je pense que celles-ci sont très parlantes et peuvent marquer et atteindre plus facilement les petits. J’ai pris attention de prendre peu de photos, mais en lien direct avec mes paroles, et des clichés sur lesquels on voyait des enfants également, afin que les élèves se sentent plus concernés. Cette seconde présentation s’est axée sur les différences nord-sud : notre emplacement dans le monde, la couleur de peau, la maison, la nourriture, les activités, l’école et les paysages. Mais mon but était plus précis que de simplement énumérer les différences. Au contraire, j’ai voulu les amener à un message : oui, il y a des différences, des choses qui ne sont pas pareilles, mais au final nous sommes semblables, et nous ne faisons que nous adapter à notre entourage, à notre environnement et nos moyens, la différence peut donc être comprise comme une adaptation. Je me rendais compte que c’était bien ambitieux pour des enfants si jeunes, et c’est pour cela que je les ai guidés vers cette idée grâce à des faits concrets et les incluant en les faisant participer. Par exemple, je leur ai montré une photo de FARESO et leur ai demandé : « Vous avez une cuisine chez vous ? », et j’ai reçu en écho vingt petites bouches me criant « oui », et ainsi de suite avec le salon, la chambre à coucher etc.. Pour finir sur la conclusion que, bien sûr la maison n’était pas semblable, mais qu’au final nous avions tous une maison avec des pièces, que le matériel n’est pas le même à N’tolo car ils utilisent ce qu’ils trouvent ou peuvent trouver chez eux. Puis la nourriture, avec la couleur des fruits qui n’est pas la même (les mandarines sont plus vertes là-bas), ou le poulet qu’on a dû tuer nous-mêmes avant de le manger, mais au final dans notre assiette, nous trouvons ici comme là-bas du poulet ou des mandarines ! J’ai aussi pris l’exemple du basket et le foot, qui sur place se jouent sans filet ou sans but, mais qui restent les mêmes sports… Ainsi de suite avec une série de faits et d’activités concrètes, qui peuvent les toucher car eux aussi jouent à ces jeux ou mangent ces aliments. Puis une dernière question : « A quoi pensez-vous qu’un enfant a droit, de quoi a-t-il besoin pour bien grandir ? ». La première réponse fut la plus touchante, celle d’un petit garçon qui me répondit, sûr de lui : « D’un doudou ! ». J’ai confirmé cette réponse, qui dénote l’importance de l’attachement et de l’affection, et d’autres réponses, plus attendues, sont apparues concernant l’alimentation, les habits, la maison. J’ai dû insister un peu pour qu’ils trouvent que l’école était aussi importante ! Pour finir en leur disant que c’est sur tous ces aspects que nous tentons d’agir pour améliorer la vie des jeunes à N’tolo. Le bilan ? Un grand succès. Les enfants ont été étonnamment calmes et attentifs durant le film et la présentation, ils ont écouté et bien participé. Nous retirons une grande satisfaction de cette matinée car nous avons l’impression d’avoir rempli la mission qui nous avait été confiée par la maîtresse, tout en atteignant notre propre objectif. Nous espérons continuer sur cette voie avec ces élèves. Je me rends de plus en plus compte que la sensibilisation avec les jeunes est une thématique qui me passionne, et je prends un plaisir énorme à partager avec eux tout ce que j’ai pu apprendre…

Une deuxième rencontre a été organisée en septembre 2008. Landry, un Camerounais qui a vécu à FARESO à N’tolo, nous a rendu visite au mois de septembre. Nous avons profité de son passage pour organiser une rencontre avec les élèves de Givrins. Nous sommes partis dans leur école avec un programme de discussion ciblé pour leur tranche d’âge, c’est-à-dire de 4 à 7 ans environ. Nous avons commencé en leur rappelant qui était Direction N’tolo, et ce que nous avions déjà organisé ensemble. Puis, nous sommes passés à la présentation de Landry : son histoire, son parcours, son passage à FARESO… J’avais ensuite réfléchi à différents thèmes de la vie quotidienne, des thèmes qui intéressent les enfants. Et pour soulever leur curiosité, j’avais décidé de les faire participer au maximum au débat. Ainsi, pour le thème de la nourriture, c’était d’abord à eux de deviner combien de repas on prenait par jour au Cameroun, avant de donner la parole à Landry pour qu’il nous raconte comment cela se passe réellement…confronter la vision des élèves avec la réalité camerounaise a été très intéressante ! Nous avons utilisé le même système pour les aliments, le type de viande, le nombre d’élève par classe, les moyens de transports, les activités etc… Nous avions même la chance d’avoir de nouvelles photos, surtout des images d’animaux qu’on mange au Cameroun comme les crocodiles, les hérissons et les rats de brousse, les paresseux ou les grenouilles Goliath, ce qui a beaucoup plu aux enfants ! Ainsi, nous avons réussi à conserver l’attention des élèves, qui se sont montrés intéressés et disponibles. Ils ont eu l’occasion de poser leurs propres questions. C’est là que nous avons été très surpris, par une petite fille qui, s’adressant à Landry, lui a dit : « Mais, tu n’es pas Africain, tu n’as pas des habits déchirés ». Je pense que c’est une très belle illustration de l’image que nous avons ici de l’Afrique, une image de misère et d’enfants qui meurent de faim au bord de la route, même chez les plus jeunes. C’était donc bien que Landry puisse leur montrer que l’Afrique ne se réduisait pas à cette image. Pour conclure la matinée, nous avions amené des arachides caramélisées et du maïs grillé, le petit en-cas fréquent des enfants de N’tolo, et les enfants ont apprécié ! Ce fut une belle rencontre, très intense et riche en émotions, autant pour les enfants, leurs professeurs que pour Landry et moi. Nous sommes ravis de voir que nos actions en collaboration avec ces élèves continuent, et nous espérons persévérer sur ce chemin !


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