Microcrédit

Depuis l’automne 2008, nous développons une petite structure de microcrédit, en partenariat avec l’association de jeunes Camerounais Génération Action. Nous avons pour but de donner l’opportunité aux personnes qui désirent entreprendre une petite activité lucrative d’obtenir un crédit, ce qui est, pour la plupart d’entre eux, impensable au vu des critères des banques conventionnelles. Nous proposons des prêts allant d’un franc suisse (400 FCFA) à 750 francs (300'000 FCFA), sans intérêts. D’autre part, nous n’exigeons pas un remboursement intégral, mais à la hauteur d’une somme prévue suivant le montant du crédit.
Notre objectif n’est pas de devenir un institution financière ; l’entier du projet se veut plus philanthrope que rentable. Nous espérons contribuer à l’amélioration des conditions de vie des habitants de N’tolo et région, par le dégagement d’un revenu supplémentaire pour eux, à travers leur projet.


Les photos des projets
Tout savoir sur Crédit.com
Code général des procédures et statuts de Crédit.com



Les bénéficiaires et leur projet
A ce jour, nous suivons trois projets très différents, choisis soigneusement parmi les demandes qui nous ont été faites. Les autres dossiers qui nous ont été soumis sont en attente et pourront être acceptés dans quelque temps. Comme pour chaque nouvelle expérience, la prudence est de mise et nous préférons ne pas être dépassés par le nombre de projets en cours.

Petit Njoume a lancé un élevage de lapins, assez rare dans la région. Il a construit les clapiers de ses mains et a profité des fonds de Crédit.com pour l'achat des bêtes, des médicaments et une partie de la nourriture.
Plus de détails sur le projet de Petit Njoume

Charlie a ouvert un petit commerce de produits frais de N'tolo à Douala. Elle achète des fruits, légumes et féculents auprès de producteurs de la région de N'tolo et les vend sur le marché à Douala.
Plus de détails sur le projet de Charlie

Adèle a créé une call-box (sorte de cabine téléphonique avec vente de cartes de recharge) à Douala. Etudiante en lettres, Adèle finance une partie de ses études et de son entretien grâce à sa petite affaire.
Plus de détails sur le projet d'Adèle


Histoire du microcrédit
Alors qu’il était un jeune professeur d’économie dans une université bangladaise, Muhummad Yunus décide de quitter ses statistiques pour s’intéresser au problème concret de la pauvreté dans les campagnes de son pays. Après avoir observé, rencontré et discuté avec des villageois dans la région de son université, il constate que, très souvent, les plus démunis ne sont pas des paysans, comme l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a tendance à les classifier. Il s’agit de personnes qui n’ont pas de terres, ni par conséquent d’emploi sûr. Ces femmes et ces hommes sont pour beaucoup à la merci d’usuriers qui leur prêtent de quoi acheter de la matière première – de l’osier pour faire des paniers, du riz à écosser etc… – à transformer et exigent des remboursements à des taux indécents.
Un jour, dans le village de Jobra, M. Yunus calcule la somme totale nécessaire à cette trentaine de petits artisans : 24 dollars américains. Il prend donc l’initiative de leur prêter cet argent sans exiger d’intérêt. Il est intégralement remboursé le lendemain.
A partir de cette expérience dans un village proche de son campus, M. Yunus va développer, peu à peu, le concept du microcrédit. Qui aboutira à la création, dans les années huitante de la Grameen Bank, le premier institut de microfinance au monde.
Alors que son inventeur est devenu prix Nobel de la Paix, le microcrédit s’est développé sur tous les continents, y compris dans les pays dits développés.
On peut noter qu’en Afrique, différents concepts comparables existent depuis bien plus longtemps : la tontine est un fonds généralement réuni par un groupe de femmes d’un village et propose des prêts à celle qui le demande.

Genèse de Crédit.com
Si l'impulsion a tout d'abord été donnée par Direction N'tolo lorsqu'elle a fait connaître son envie de mener à bien un projet de microfinance, le premier pas a été fait pour sa part par les Camerounais de Génération Action en septembre 2008. En effet, l’association de jeunes Camerounais nous a envoyé une ébauche de statuts pour Crédit.com que nous avons reçue et étudiée avec beaucoup d’intérêt. Par la suite, après un long processus de consultation de tous bords, nous nous sommes fixés sur des règles de fonctionnement qui sont détaillées plus bas.
Aujourd’hui, le projet bat son plein. Les projets cités plus haut sont ceux que nous suivons avec beaucoup d'attention.

Fonctionnement de Crédit.com
Le système actuel de Crédit.com se caractérise par quelques axes principaux.
< Le premier est l’ouverture à quiconque dans la région de N’tolo, sans distinction de sexe, d’origine ou de tendance politique. Avec notre grande bénédiction, Génération Action s’efforce d’encourager tout particulièrement les femmes à présenter leurs projets.
Par ailleurs, notre credo est d’aider et contribuer plutôt que de mettre à disposition et observer les résultats. Ainsi, l’entier de notre structure et son fonctionnement se veulent favorables et tournés vers le contact humain.
Les crédits que nous accordons s’élèvent de la plus petite somme – pour l’achat d’un outil nécessaire à une culture par exemple ou comme liquidité nécessaire à revigorer un projet en difficulté – à des montants d'environ 750 francs suisses au maximum (300'000 FCFA) – pour des projets d’envergure, comme une culture ou l’achat de petit bétail. L’exigence pour obtenir un prêt est d’être en possession du quart du budget soumis.
Crédit.com se distingue des instituts de microfinance premièrement par le fait qu’il n’exige pas un remboursement intégral du prêt ; nous demandons en effet un retour de 30% et 50% des prêts respectivement de moins et plus de 500 francs (200'000 FCFA) et deuxièmement par l'importance accordée au contact humain entre les "bailleurs de fonds" et leurs bénéficiaires. Bien évidemment nous ne visons pas la rentabilité de Crédit.com et privilégions celle des projets menés par les bénéficiaires.
Notre attachement à l’aspect humain et notre volonté de ne pas sombrer dans la froideur et l’anonymat de la finance traditionnelle sont garantis par les contacts fréquents de la Cellule de Suivi des Projets (CDS). Ce groupe de quelques membres de Génération Action a pour rôle de réunir les dossiers soumis, de donner son avis à leur sujet, puis de suivre le bénéficiaire de prêts. Il l’accompagne dans les achats et moments importants, peut, au maximum de ses capacités, offrir sonaide et ses connaissances au service de l’emprunteur. Par ailleurs, un membre de Direction N'tolo en Suisse est le correspondant de chaque bénéficiaire de Crédit.com au Cameroun, dans le but de créer au mieux des contacts humains et non basés sur les rapports d'argent. C’est ainsi aidé et soutenu que nous pensons que le bénéficiaire a le plus de chance de trouver la voie du succès.
Pour conclure, l’acceptation des dossiers se fait selon le principe de la co-décision. La CDS (en les personnes de quelques membres de Génération Action examine tous les dossiers reçus et y appose son avis et ses commentaires. Suivant cette opinion renseignée et pertinente, les membres de Direction N’tolo acceptent ou refusent la demande.
Notez encore que l'entier du système, bien que longuement réfléchi, est très susceptible d'être ajusté en cours de route, dans le but de l'améliorer sans cesse.

Philosophie du projet
Nous tenons rapprocher au plus la philosophie de Crédit.com de celle de nos autres projets.
Dans le cadre de la contribution que nous voulons apporter au village de N’tolo, nous voulons en général mettre l’accent sur une tendance à rendre nos partenaires indépendants au maximum. Cela peut se voir dans les différents projets lucratifs visant à rendre FARESO quasiment autonome. Ce dessein est l’essence même d’une structure de microcrédit : pousser les personnes participantes à se créer des revenus elles-mêmes qui dureront au-delà de la phase où nous les soutenons.
D’autre part, un des éléments déclencheurs de la fondation de notre association est que nous nous sentons privilégiés par rapport à la plupart des habitants des pays du Sud. Nous poursuivons donc, en évitant le plus possible un discours moralisateur, un but de redistribution des richesses matérielles. Il va de soi que l’expression est trop forte pour être utilisée à notre échelle mais elle justifie notre principal écart vis à vis du modèle traditionnel de microcrédit, c’est-à-dire le remboursement partiel des prêts.
Enfin, nous désirons à tout prix – comme cela a été exprimé à plusieurs reprises dans les différentes rubriques du texte qui a précédé – éviter d’acquérir un statut de banque ou de multinationale du développement. Nous visons une coopération et une relation privilégiée avec les emprunteurs (directement et par l’intermédiaire de Génération Action) et non des rapports professionnels. Nous désirons avant tout le succès des bénéficiaires et non le gain ou la rentabilité. Nous voulons plus que tout nous rendre utiles et offrir aux habitants de N’tolo ce que nous pouvons leur apporter.


Webmaster: Pascal Briod